Voilà une bonne semaine que je n'ai rien écrit. J'ai passé cette semaine ratatinée par la douleur, malgré un traitement modifié, malgré des doses plus fortes. Je me réveille le matin avec les mâchoires douloureuses tant j'ai serré les dents pendant la nuit. Le jour, mes pieds et mes jambes me font vivre un enfer. De plus, j'ai les mains comme dans des gants de boxe, pataudes et me faisant mal.

Cette semaine, je n'ai pas écrit.

Je n'ai pas brodé.

Je n'ai pas cousu non plus.

J'ai voyagé sur vos blogs, mes amis, et y ai parfois laissé un petit commentaire. Pas toujours, pour cause de doigts engourdis.

Je sais, ça ne se fait pas.

C'est mal élevé.

Pas digne.

Ce n'est pas pour me faire plaindre. Vous qui me lisez depuis longtemps, vous savez bien que ce n'est pas mon objectif.

Je crie ma souffrance sur mon blog. J'ose dire j'ai mal.

Et à force d'avoir mal physiquement, j'ai aussi mal au moral. C'est long, une semaine, ça peut même paraître une éternité.

Pourquoi donc je vous dis tout ça ?

Parce que ça fait du bien de gueuler un bon coup, certes.

Mais aussi parce que des commentaires, des mails et des coups de téléphone m'ont beaucoup touchée. Combien êtes vous dans la même situation que moi ? Combien êtes vous à souffrir sans rien oser dire ?

Mes soeurs de souffrance, je sais bien que c'est culturel, que nous avons été élevées comme cela. Il ne faut pas se plaindre, cela donne l'impression qu'on est rivée sur son nombril. Il faut serrer les dents, et si possible garder le sourire, ne pas se laisser aller, pomponnée tous les jours comme si la vie était belle.

Ne pleure pas, fillette, mouche-toi ; pense qu'il y a bien plus malheureux que toi.

Redresse toi, lève la tête.

Et fais semblant..

Je crie aussi pour vous, mes amies, parce qu'à plusieurs on a moins mal, on a moins peur.

Je crie pour vous. Et je me fous de ceux qui trouvent que j'exagère et fais mon intéressante (eh oui ! l'une d'entre vous a eu ce genre de commentaire parce qu'elle a osé parler de ce qui la ronge).

Je crie ma douleur, mais aussi ma colère contre ce monde qui veut toujours être lisse.

Puissiez-vous crier avec moi, parce que c'est avant tout un cri de bataille, celle que nous livrons contre nos maladies. Un cri actif.

Je ne cite pas vos noms, vous qui m'avez émue. Vous savez bien que je pense à vous.

Et ceux que ça gêne de lire que la maladie n'est ni belle, ni propre, je ne vous agresse pas. Je vous donne rendez-vous un jour où tout ira mieux. Nous pourrons alors sourire ensemble.

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à bientôt