Et voilà.

Mon piano est parti hier.

Grâce à mon beau-frère, il est parti chez quelqu'un qui cherchera à la mettre en valeur, peut-être à le restaurer, peut-être à utiliser certaines pièces pour en restaurer d'autres.

Il échappe à la benne, et c'est pour moi l'essentiel.

Bien sûr, j'ai laissé coulé des larmes lorsque cet ami de plus de 40 ans est parti. Bien sûr, cela a été un adieu plein d'émotion. Un instrument de musique n'est pas un objet inanimé, on y met de notre coeur, de notre âme. Les musiciens et musiciennes qui me liront comprendront ce que j'ai pu ressentir.

Mais voilà, mes doigts ne sont plus ce qu'ils étaient, la maladie les touche maintenant de plein fouet. Il me fallait tourner la page.

Avec lui, mais pour une autre direction, est partie ma grande table en verre, bien trop grande pour l'appartement, mais qui a vu mes enfants devenir adulte, qui fut le lieu de tant de partages, de tant de repas tous ensemble. Ce matin, dans le séjour vide, j'ai ressenti un étrange soulagement. Je vais devoir, je vais pouvoir construire à nouveau, construire une nouvelle vie conforme à ce que je peux faire, à ce que je suis aujourd'hui, et non pas à ce que j'ai été.

Dans le long cheminement vers l'acceptation de cette maladie qui peu à peu me diminue, il fallait prendre un nouveau chemin. Sans regret.

C'est fait.

à bientôt