Il pleut.

Pas original, me direz-vous.

Bien que j'aime la pluie, cette grisaille me navre. C'est l'été sur le calendrier, mais on a vu des mois d'octobre plus souriants.

Est-ce lié à la morosité ambiante ? Les douleurs sont là, trop souvent présentes, trop souvent violentes. La maladie progresse sournoisement, je la sens, je constate son lent travail de sape.  Sortir devient aléatoire : un jour ça va, le lendemain mes jambes répondent trop lentement à la sollicitation pour oser prendre le volant. Je ne garde mon permis que tant que je sais être raisonnable. Les jours où, comme aujourd'hui, j'ai l'impression de porter des bottes de plomb, les jours où la douleur est telle que mes pensées se brouillent, je reste sagement à la maison.

La maison, justement. C'est elle à quoi mon titre fait allusion. Une fois le piano et la grande table de verre partis, j'ai entrepris de nous créer un autre décor. Nous avons inversé l'espace salle à manger et l'espace salon/bureau pour plus de logique et de facilité de déplacements. Nous avons récupéré la table des parents de mon mari. Une table ronde, dont les rallonges se sont égarées au fil des ans (je verrai à les faire remplacer plus tard), en chêne, mais qui n'avait pas vu de cire depuis au moins 20 ans. La voilà telle qu'elle est arrivée chez nous :

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Sur la ceinture, des marques d'usure et des rayures.

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Pas mal d'huile de coude plus tard, la voilà dans son doux éclat, cirée, briquée, reprenant vie.

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Tant qu'à changer la pièce, j'ai acheté sur un site d'annonces de particuliers un drôle de buffet. Il possédait à l'origine une corniche et un espace entre le haut et le bas, agrémenté m'a-t-on dit de "pieds" chantournés. Pour mon plus grand soulagement, les anciens-anciens-anciens propriétaires ont enlevé tout cela. Il reste ce qui mérite de rester : un très grand espace de rangement, la belle couleur du chêne ciré, et sur les portes des ciselures (je n'ose dire sculptures) naïves et un peu maladroites par endroits qui témoignent de l'application de l'artisant qui a réalisé ce meuble.

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Il me reste à trouver des chaises, à acheter ou confectionner des nappes.. et à finir d'aménager la pièce qui, pour le moment, est encore un capharnaüm un peu pesant. C'est bien là le problème dans les petits appartements : bouger quoi que ce soit transforme les pièces en de grands jeux de taquet. J'ai du temps. Cela se fera en douceur, mais se fera.

Me créer un nouvel espace de vie me fait du bien. Je retrouve l'envie de faire des choses, même si tout est beaucoup plus lent qu'avant, même si mon corps ne suis pas tous les jours, même si je me fatigue très vite. j'espère pouvoir vous montrer bientôt les petites choses que j'ai commencées. J'attends pour cela d'avoir avancé, mais je ne désespère pas d'y arriver !

Tout compte fait, c'est bien qu'il pleuve.

à bientôt