Presque un an que je n'ai rien posté.

Aujourd'hui, je m'y remets. Pas (encore) de photos, pas de réalisations à vous montrer, même si je ne suis pas restée totalement inactive.

J'avais besoin de prendre du temps, prendre du recul, réfléchir. J'ai passé une année très difficile. de la souffrance, et le moral qui chute. Pas mal de choses à accepter, à recadrer, à digérer. Je vous rassure, je bénéficie toujours d'un entourage fantastique : un mari compréhensif et tendre, des enfants qui se soucient de moi, un père qui me comprend et me soutient. Beaucoup de gens malade n'ont pas cette chance, j'en suis consciente.

Ce qui a été très difficile, ce sont les douleurs, presque continuelles. De septembre à avril, j'ai marqué sur mon agenda les jours sans douleurs (ou presque). Au total moins de 15. Après, j'ai arrêté de compter. Je culpabilisais de dire si souvent "j'ai mal", cet exercice m'a démontré que j'avais réellement une pathologie extrêmement douloureuse. Cela a été un électrochoc. Quand on vous diagnostique une polynévrite, on vous dit, sans doute pour rendre la pilule plus facile à avaler, que c'est une maladie dégénérative, certes, mais qu'elle n'est pas mortelle et que le cerveau n'est pas touché. Sur le moment, ça rassure. Aujourd'hui, face aux douleurs continuelles, je reformule : ce n'est pas mortel, donc ça va durer longtemps, longtemps et le cerveau n'est pas touché donc vous n'allez pas perdre un miette de vos souffrance et de votre lente dégringolade. En effet, qui dit douleurs et dégradation des nerfs dit difficultés à se mouvoir : plus de longues promenades, et même, certains jours, plus de promenade du tout. Parfois, me déplacer dans l'appartement est difficile. Certains jours, par contre, ça va et j'en profite pour m'aérer et marcher.

Qui dit mal aux pieds et aux jambes dit mauvaise position du corps et en conséquence mal de dos : mon médecin m'a prescrit un corset. Qui dit peine à se mouvoir dit position assise longue : j'ai un tout début d'escarre (ce n'est encore, Dieu merci, que le stade de l'érrithème) donc pommade et coussin spécial. Tout cela permet certes de vivre mieux, mais cela a été un vrai coup au moral.

Bon, tout n'a pas été noir. Nous avons fait faire des travaux : douche adaptée au handicap, carrelage remplacé là où il s'était abîmé, murs repeints dans le couloir, la salle de bain et la chambre (les couleurs d'il y a 20 ans, j'en avais marre). Pour laisser libre champs à l'entreprise, nous avons joué les touristes pendant 15 jours à quelques kilomètres de chez nous. L'envers de la médaille et qu'il a fallu démonter et entasser les meubles, principalement d'ailleurs dans la célèbre "pièce du fond". Nous avons profité du fait que l'appartement était cul par dessus tête pour remplacer certains meubles et faire du tri dans la bibliothèque. Du coup, nous ne sommes pas allés à Cherbourg, le ré-aménagement ayant occupé presque toutes les vacances de mon mari. Pas trop grave : il prend (enfin !) sa retraite fin décembre, nous aurons tout notre temps alors. Sur notre lancée, nous avons bien avancé l'aménagement de ma future pièce atelier. Encore un petit, tout petit coup de collier et c'est bon.

Pendant tout ce temps, j'ai concentré ma créativité sur la cuisine. J'aurais pas mal de recettes et de trucs à vous montrer.

Avant de terminer ce billet, je voudrais adresser un grand merci à celles qui m'ont adressé de très gentils messages pendant toute cette période. Pardon de ne pas vous avoir répondu, je n'étais pas prête à dire "ça ne va pas". Une pensée spéciale à Helena et Maryline, dont l'amitié m'a soutenue pendant mon année de silence. Je vous embrasse très fort, mes amies.

A très bientôt.