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des petits bouts de fil
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des petits bouts de fil
14 septembre 2009

Complication de complication

J'ai écrit cet article sur blog-diabete, relayé par facebook. Il a sa place sur ce blog-ci, puisque la polynévrite fait partie de ma vie, qu'elle interfère sur ma vie. Il explique aussi pourquoi j'ai été silencieuse pendant quelques temps. Il me fallait prendre du recul face à une nouvelle complication, mais maintenant, je crois que je commence à faire face. La guérison sera lente, longue, mais la volonté de m'en sortir est là.

voici donc cet article :

"Diabétique de type 2 NID, je suis atteinte d’une charmante complication : la polynévrite. Cette maladie provoque des douleurs épouvantables, qu’on arrive presque à calmer avec des traitements qui, à grosse dose, vous envoient visiter les paradis artificiels, une perte de motricité fine assez démoralisante, des difficultés à la marche liées aux douleurs et à une perte d’équilibre due au fait que vos pieds ne ressentent pas toujours bien le sol.

 

Il est bien évident que cela est incompatible avec pas mal d’emplois, à moins, pour certains jobs, que l’employeur soit d’accord pour apporter de gros aménagement au poste. Cela peut aussi avoir des répercussions sur la vie de famille, parce que la douleur rend parfois amer, parce que les traitements qui shootent et vous donnent toute la journée un sourire de ravi de la crèche limitent les activités. Cela limite la vie sociale : quand on a mal, on fait difficilement la fête, et quand on est à moitié shooté, bien des sorties ne sont ni agréables, ni d’ailleurs recommandées.  Et aussi parce que vous finissez par vous sentir un boulet que l’on traîne, que vous êtes incapable de savoir comment ça ira le lendemain et donc de planifier quoi que ce soit.

 

Peu à peu, on finit par se renfermer sur soi-même, à faire de son chez soi une espèce de terrier protecteur. Sortir du terrier nécessite de gros efforts. Voir du monde aussi. Peu à peu, on se déshabitue du monde, des fêtes, des endroits bruyants comme tout simplement les restaurants, des files d’attente dans les cinémas, des grands espaces. On en arrive parfois à se sentir mal dans ces endroits. On les évite, on reste de plus en plus dans son terrier.

 

Et un beau jour, on s’aperçoit qu’on a peur de sortir. Que hors d’une zone de « sécurité » autour du terrier, le vaste monde est hostile.

 

C’est ce qui m’est arrivé. J’ai été prise d’une crise de panique, avec larmes, coeur qui s’affole, difficultés à respirer sur le parking d’un hypermarché où j’avais l’habitude de faire mes courses un jour où pourtant il n’y avait pas beaucoup de monde. J’ai fait demi tour et suis vite rentrée chez moi, et là, au calme, j’ai réfléchi. Dehors me faisait peur. Je me sentais bien  dans un périmètre restreint autour de la maison, dans mon quartier, en fait. Au delà, la panique. Je me suis rendue compte que je m’étais peu à peu enfermée, que j’évitais d’aller trop loin (et ce trop loin est en fait bien proche). Heureusement pour moi, je me sens bien dans la partie commerçante du quartier. Je peux faire mes courses, au moins pour l’essentiel. Avec mon Monsieur, nous avons fait des tests : jusqu’où je reste calme, qu’est-ce que je peux affronter seule, puis accompagnée. Qu’est ce qui est vraiment au dessus de mes forces.

 

J’ai de la chance, mon Monsieur a accepté de m’aider  dans cette réflexion, de m’accompagner, de me récupérer en larmes et tremblante si j’allais trop loin. J’en ai discuté avec mon médecin et ai commencé une psychothérapie.  Le nom de ma nouvelle pathologie est tombé : phobie sociale, agoraphobie. J’en ai été comme assommée. J’ai eu toute ma vie des emploi de contact avec un public. J’ai été présidente d’association, conseillère municipale, déléguée à une communauté de commune. J’ai passé ma vie à prendre la parole devant des gens, à soutenir des projets, à être un personnage public. Et là, je fonds en larme dans ma voiture dès qu’on s’éloigne un peu de la maison ? Je n’arrive même plus à traverser la ville seule pour aller voir ma fille ou mon fils ?

 

Cela a été très difficile à avaler. La psy qui me suit m’a confirmé que le retour à la normale serait long, mais que cela peut s’arranger. Pour l’instant, je n’ai pas encore repoussé de beaucoup les « frontières » de ma zone de sécurité. Il m’a d’abord fallu comprendre ce qui se passait, comprendre comment ça fonctionnait, repousser doucement les limites, avec parfois de grands reculs dont il me faut analyser les causes. Cela fait deux mois et demi que j’ai commencé ma thérapie. Au vu du chemin parcouru je peux confirmer qu’effectivement, ça risque d’être long.

 

Je suis loin d’être la seule dans ce cas. C’est une complication courante de bien des maladies longues. Si je vous ai raconté tout cela, c’est pour que ceux qui sont atteint, comme moi, d’une pathologie qui coupe de la vie normale fassent attention à ce rétrécissement du monde qui accompagne ce genre de pathologie. Il ne faut pas hésiter à se faire aider, à consulter un psy. On ne s’en sort pas seul, mais avec de l’aide on peut s’en sortir. Un terrier confortable et sécurisant, c’est très bien. Mais la vie continue au dehors et il n’est pas bon de se couper complètement de la vie."

à bientôt.

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Commentaires
C
Bises, et courage, je pense bien à toi.
M
La thérapie va certes t'aider dans cette nouvelle difficulté consécutive sans aucun doute à tes autres problèmes de santé. Heureusement il y a les blogs !!! et internet qui doit aider à la communication
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